Le 05 mai 2010
Contextuelles, souples et intrinsèquement protéiformes, les interventions en matière de conseil et de coaching en entreprise appliquent un principe de précaution systématique, comme lié « naturellement » à leur champ d'action.
Ce précautionnisme inhérent est une attitude qui prend sa source dans la logique même d'accompagnement. En effet, lorsque l'on s'attache à orienter une stratégie entrepreneuriale, un principe de responsabilité s'impose. Pas de place pour des opérations « kamikazes », ni de tolérance pour le flou d'un « à peu près » qui peut s'avérer lourd de conséquences…
Notre position de conseiller est, je l'éprouve régulièrement, délicate car elle doit évaluer chaque situation et établir une frontière précise, au-delà de laquelle nous outrepassons nos fonctions.
Plus complexe, le cas où plusieurs choix coexistent et laissent une marge d'action réelle mais qui rend d'autant plus épineux notre positionnement de conseiller. Nous nous devons, à l'aune d'une évaluation orientée mais argumentée, de proposer et d'infléchir dans le même temps la décision de notre client, seul détenteur du choix final.
Non décisionnaires mais éminemment impliqués, sans obligation de résultat mais pourtant jugés sur notre capacité à identifier et proposer des solutions, initiateurs de changements profonds mais sommés de ne pas faire imploser les systèmes existants, nous nous devons de mettre en place des règles déontologiques fermes et précises à respecter pour mener à bien les missions qui nous sont confiées.
Une mission doit, de part et d'autre, être clairement définie et ce, par le préalable d'un brief précis suivi d'une proposition écrite. Cet énoncé rédigé devient ainsi le guide de la mission et permet de rassembler les informations nécessaires afin d'enclencher la démarche de coaching ou de conseil.
Sur ce point essentiel, j'insiste sur un principe atypique, peu appliqué par d'autres acteurs et pour le moins essentiel à mes yeux, de relation tripartite impliquant le coach, le coaché et l'entreprise elle-même. Interface entre le coaché et le département des Ressources Humaines, Christian Pousset & Partners établit un lien réel qui, s'il ne dévoile pas de données confidentielles, permet de constater l'état d'avancement et la pertinence des objectifs fixés.
Fondation maîtresse de notre métier, cette règle déontologique de confidentialité contraint à règlementer strictement la circulation d'informations qui pourraient être préjudiciables à l'entreprise ou à toute personne bénéficiant de la mission.
Il s'agit d'établir la règle régissant toute mission qui est de proposer, d'organiser et de concrétiser des moyens sans pour autant être en mesure de promettre une garantie de résultat. Le conseiller peut intervenir ainsi sur plusieurs segments, sécuriser des procédés mais ne peut ni ne doit en aucun cas faire de son intervention le gage d'un succès automatique. Nous devons considérer et exprimer clairement à nos clients les variables inhérentes à chaque mission, qu'elles soient relatives au marché économique général ou bien liées à la personnalité de tel ou tel cadre dirigeant qui n'aura pas mis en application les orientations préconisées.
La garantie de compétence et de professionnalisme se traduit par la pratique de techniques et d'outils éprouvés, entièrement maîtrisés par celui qui s'en sert au sein des entreprises. Sa responsabilité est contenue tout entière dans cette exigence qualitative mais ne saurait engendrer une obligation juridique de résultat.
Il s'agit donc, pour le conseiller, de refuser en tout clarté les missions qui ne sont pas de sa compétence ou excèdent les moyens qu'il a à sa disposition.
D'autre part, tous les collaborateurs Christian Pousset & Partners, en plus d'une « moralité irréprochable », se doivent d'actualiser leurs connaissances et de suivre des formations régulières afin de proposer un degré de compétence qualitatif et performant à chaque mission.
Ainsi, même si non garante de résultats finaux, notre mission de coaching ou de conseil n'en reste pas moins d'infléchir avec succès les mutations structurelles d'une entreprise. Si le devoir de réserve et le principe de précaution sont des notions inhérentes à notre action, nous nous devons cependant d'émettre des analyses précises et de proposer des pistes induisant des solutions performantes.
Sans se substituer au Dirigeant ou au comité de direction ni pour autant s'inscrire dans l'inaction, nous nous devons donc de veiller à créer un dialogue entre un principe de précaution obligatoire et l'affirmation d'une voie qui nous semble être pertinente. Un savant équilibre en quelque sorte…